UNE EXPÉRIENCE EXTRAORDINAIRE
L'arrivée du fantôme est
souvent précédée d'un vague sentiment de malaise, parfois on a la sensation
d'une présence sans la voir, souvent aussi cette manifestation est
accompagnée d'un courant d'air froid, voire d'un souffle glacé qui angoisse
ceux qui sont confrontés au phénomène. La plupart des fantômes semblent
indifférents à la présence de ceux qui les observent, et se livrent à leur
occupation sans tenir compte des témoins de leur apparition. II faut
également noter que dans certains cas ils ne sont aperçus que par quelques
privilégiés. II arrive également qu'ils soient vus à plusieurs reprises
dans un même lieu, de manière répétitive, par des gens non avertis et qui
n'ont pu se communiquer leurs observations à ce sujet.
La physique moderne a dématérialisé la matière. Pour les physiciens, les
atomes ne sont que des tourbillons d'énergie. Ainsi les mondes visibles et
invisibles n'ont pas de frontière bien définie, ils s'interpénètrent et ce
que nous appelons "l'Au delà" n'est que le monde qui est au-delà
de nos perceptions mais non au-delà de la réalité.
LE GÉNÉRAL ET LE FANTÔME
Le général R.Barter, officier
de l'armée anglaise, était connu et estimé de tous. En 1891, il faisait
campagne aux Indes, dans le Pendjab. Une nuit, par un splendide clair de lune,
tandis qu'il fumait un cigare à quelque distance de son bivouac, il entendit
soudain le trot d'un cheval qui s'approchait. Le cavalier et sa monture
s'immobilisèrent et Barter reconnut un lieutenant qu'il savait mort depuis un
an. Cependant cet homme, qui avait l'habitude de se raser, portait maintenant
un collier de barbe et paraissait beaucoup plus corpulent qu'il ne l'avait
connu. Le cheval attira aussi l'attention du général. C'était un poney des
montagnes avec une robe brune et une queue et une crinière noires. Le
général Barter voulut s'élancer vers le cavalier fantastique et, ne pouvant
l'attraper, il trébucha. Lorsqu'il se releva, le cavalier et sa monture
avaient disparu.
Après enquête, le général
apprit que le lieutenant avait laissé pousser sa barbe peu de temps avant sa
mort et avait aussi beaucoup grossi. Son cheval, qui répondait point par
point au cheval fantôme, avait été tué par une imprudence de son maître.
Le général R.Barter ne pouvait connaître ces détails, ayant perdu de vue
son officier depuis fort longtemps. Ce n'était donc pas des réminiscences
qui avaient forgé l'apparition puisqu'elle possédait de récentes
particularités. Ce ne pouvait, non plus, relever de la télépathie, le
lieutenant étant mort depuis longtemps.
« Où finit le
"rationnel" et où commence l' "irrationnel" ? demande
Basarab Nucolescu, physicien, chercheur au CNRS. Beaucoup d'aspects qui ont
été considérés à une époque comme irrationnels, bizarres, paradoxaux,
sont devenus ensuite, par la démarche scientifique, rationnels, normaux,
intégrés dans une description scientifique cohérente ». Ce genre de
phénomènes, rejetés il y a peu d'années par la communauté scientifique,
sont à présent étudiés, compilés et commentés par ces scientifiques.
« Avez-vous jamais eu
l'impression d'avoir été en contact avec une personne décédée ? »
demanda à ses lecteurs le "National Opinion Research Center " de
l'Université de Chicago. 27 % des personnes interrogées répondirent par
l'affirmative. Lorsqu'on ajouta les veufs et les veuves à cet échantillon,
le résultat monta à 51 %. L'étude, répétée en 1984, démontra que 38%
des adolescents reconnaissaient avoir eu ce genre d'expérience.
LE GRAND-PÈRE DE KÉVIN
Les histoires de disparus
revenus pour aider à un moment critique un membre de leur famille, sont
légions. En France, on a tendance à les taire, même à ses proches, de
crainte d'être tourné en ridicule. Combien de fois m'a-ton raconté une
expérience extraordinaire en me demandant de ne pas citer le nom des
intéressés. II n'en va pas toujours de même à l'étranger, où les esprits
sont plus ouverts à ce genre de phénomènes.
Ainsi, à la station de radio
CFRB de Toronto, un jeune homme, Kévin, raconta aux auditeurs ce qui lui
était arrivé alors qu'à dix-sept ans, il courait son premier marathon. A
quatre kilomètres avant l'arrivée il fut tenté d'abandonner. C'était bien
dommage après avoir subi des mois d'entraînement, mais ses forces
l'abandonnaient: « Juste à ce moment, un autre coureur à peu près de mon
âge me doubla, raconte Kévin. Je lui dis au passage que j'allais abandonner
». L'autre l'encouragea et le rassura, lui promettant de rester juste
derrière pour le soutenir. Pendant le reste de la course, le jeune homme put
entendre l'autre coureur derrière lui mais comme il se retournait après
avoir franchi la ligne d'arrivée, il ne vit personne.
II eut la clé du mystère
quelques jours plus tard. Feuilletant alors un album de famille, il trouva la
photo d'un jeune homme vêtu d'une sorte de bermuda qui lui tombait sur les
genoux, dans lequel il reconnut le coureur qui l'avait encouragé. C'était
son grand-père à l'âge de dix-sept ans.
Le Pr. Charles Richet, prix
Nobel de médecine, se demandait de quelle nature étaient ces apparitions :
« Était-ce une empreinte, une émanation, était-ce le corps astral d'un
être décédé, ou bien était-ce une force intelligente, non humaine ? »
LE PETIT GARÇON FANTÔME
Dans son ouvrage "L'Invisible
et le Visible" , Andrew MacKenzie cite un cas qui lui fut raconté par
Mrs Judy Miles, de Twickenham. Celle-ci assistait à une fête organisée chez
des amis, pour un baptême, lorsqu'elle remarqua la présence d'un enfant qui
lui était inconnu. Elle supposa que le petit garçon, âgé d'environ trois
ans, était venu avec des adultes qu'elle n'avait jamais rencontrés chez ses
hôtes.
« L'enfant avait des yeux
clairs, précise Mrs Miles, un visage souriant, et portait des pantalons longs
ainsi qu'un chandail blanc à col roulé. II courait parmi les autres enfants
réunis pour dévorer des tranches de gâteau, mais lui-même ne mangeait pas.
II ne disait rien et les autres ne semblaient pas le remarquer... Je n'ai plus
pensé à lui jusqu'au moment où l'assemblée se clairsemant et les invités
prenant peu à peu congé, j'ai remarqué qu'il n'était plus là.
Le lendemain, se souvenant de
lui elle demanda à sa fille, âgée de huit ans, si elle savait qui était
cet étrange petit garçon. Celle-ci n'avait remarqué aucun enfant répondant
à sa description.
« Ce soir-là, reprend Mrs
Miles, nos hôtes de la fête du baptême venaient dîner chez nous. J'ai
repensé au petit garçon mystérieux et demandé une fois de plus qui il
était. Après un silence, une expression étrange a marqué le visage de
notre invitée. Au bout d'un moment elle a demandé: "Avait-il des
cheveux clairs et un visage joli comme le coeur ? Portait-il un tricot et un
pantalon long ? "
« Quand j'ai acquiescé, elle
m'a semblé surprise mais a alors expliqué qu'au cours des quatre années
qu'elle avait vécu avec sa famille dans cette maison, elle avait souvent vu
cet enfant. La première fois elle avait cru qu'il venait de la rue en le
voyant monter l'escalier. Mais la porte d'entrée se trouvait fermée à clé
et, en fouillant l'étage, elle ne l'avait pas retrouvé. II apparaissait
toujours quand elle était seule à la maison ou quand les enfants jouaient en
haut et n'étaient pas auprès d'elle. II ne parlait jamais, mais sa présence
était audible en ce sens qu'elle pouvait par exemple entendre les pas légers
comme ceux d'un enfant dans l'entrée tandis qu'elle était occupée à la
cuisine et, dès qu'elle en sortait, elle le voyait remonter l'escalier en
courant. Arrivé au premier palier, il jetait un coup d'oeil malicieux
par-dessus la rampe en souriant, puis repartait jusqu'en haut. Quand elle se
lançait à sa poursuite, il demeurait introuvable. Une fois, elle entendit
son propre fils, lui aussi âgé de trois ans, bavarder tout en jouant seul
dans sa chambre. Quand il descendit, il lui dit qu'il parlait au petit garçon
qui venait parfois jouer avec lui. »
Ces apparitions se
répétèrent environ une douzaine de fois en quatre ans. Jusqu'au
déménagement des habitants de la maison qui se trouvait au 10 Amyand Park
Road. Pendant le déménagement, l'enfant courait dans toute la maison,
semblant inquiet et contrarié. Les déménageurs n'ont, apparemment, rien
remarqué. Comme le disait Jean-Jaurès « La mort n'est qu'un déplacement
d'existence ».